Trial + Anchor + guests @ Le Belushi’s (Paris - France) le 03/10/2011

Lorsque j’annonce à mes potes qu’un groupe phare de la scène de Seattle va jouer, on me répond "NIRVANA ? Y a pas un bug dans ta prog là ?!". Puis, quand j’annonce fièrement que c’est Trial, un mec endormi au fond me demande depuis quand je suis les courses de moto ?... On n’est pas aidé parfois. Au lieu de machines pétaradantes et fumantes, c’est bien un groupe ayant fait mosher et 2-steper toute une génération qui est là ce soir, un groupe qui a influencé entre autres Champion et qui a toujours eu des positions politiques fortes et intéressantes. Et là, soudain, les oreilles se tendent et écoutent. Bon ok, je n’irai pas seul au concert.

Le show a lieu au Belushi’s dans le nord-est de Paname. On m’a averti que souvent, le public bien feignasse ne se déplace pas en masse dans cette salle. On se plante sur le chemin de la salle, pour la trouver, on suit les indications des potes qui y sont allés avant nous "si vous voyez des étudiants, vous les suivez", c’est donc en suivant trois étudiantes qui nous ont pris pour des pervers qu’on trouve la salle... Lorsqu’on leur explique pourquoi finalement on les a suivies, on sent qu’on n’a pas affaire à des françaises. La preuve : elles nous promettent de nous payer un coup !... Mais on les voit finalement se barrer pendant qu’on commence à parler avec quelques personnes du maigre public présent. Étonnant, j’aurais pensé que cette affiche ramènerait plus de monde, surtout que ça a été annoncé en avance.

Un mec m’apprend alors qu’un 5e groupe s’était rajouté à l’affiche (Off With Their Heads), mais finalement il s’est décommandé. Ouf cinq groupes, ça aurait fait beaucoup et ça aurait fait finir tard et donc rater une partie de la tête d’affiche.
Pour en revenir à la salle, celle-ci est une dépendance d’une grande auberge de jeunesse assez classe en bord de quai. Ça a l’air confortable et un bon point de chute pour les jeunes étrangers à Paris : en plein 19ème, parce que Paris c’est pas que les putains de Champs-Élysées, les merdes bourgeoises du 16ème, les salopes de bobo du 11ème, les grandes avenues, les bars cosy, etc. Là, c’est en plein filthy Paris comme chanterait l’autre. Pas vraiment la providence quoi...

Birds In Row est le premier groupe à jouer, et alors qu’on se dirige vers la salle, que voit-on revenir ? Nos étudiantes ! Et comme promis, elles nous paient un/des coup(s). Elles sont du Canada, mais ne parlent pas vraiment français, l’une adore Trial... C’est bon, on est amoureux. Un pote dans la salle remonte et nous fait comprendre que rater Birds In Row et Run With The Hunted ne va pas trop nous plomber la soirée surtout en si bonne compagnie... Mais la drague a ses limites et je rejoins le public pour voir les suédois de Anchor pendant que les autres tentent de conclure...

Les vikings ont de nouveau poser leur ancre, cette fois-ci à Paris même. Et malgré l’estampille "sXe" de ce concert, j’ai rarement eu autant un coup dans le nez depuis un moment. J’entends ainsi passer "Wilma" et évidemment "Awakening", dans une ambiance pas fofolle... Faut dire le chanteur n’arrête pas de faire ’stop’ avec sa main ou de compter dans le vide. L’ambiance monte quand même d’un cran pour le featuring du gratteux de Trial, un moment bien chanmé. Les morceaux sont entrecoupés par des speeches, mais je ne sais pas si c’est moi ou l’accent, mais je comprends pas tout... On tente quelques pas de 2-step, histoire de paumer sa casquette puis je m’affale sur un banc à côté des enceintes avant de revenir pour une reprise... de Quicksand me dira-t-on après le concert...

Je remonte rapidos, histoire de me rafraîchir et retrouver les potes. Quand on redescend la salle est bien remplie, aux alentours de 100 personnes. Et là, l’ambiance change vraiment : pile-on, 2-steps, mosh. Tout y passe. Le chanteur de Trial, entre ses crises d’épilepsie sur scène, nous sort des discours qui changent des poncifs habituels. Ça ne parle pas sans arrêt d’unité, de famille et autres, mais de politique, dans le vrai sens du terme, de remettre en cause nos vies "Are these our lives" ? "Nooooo !" Les musiciens ne sont pas en reste et se démènent bien, ça saute, ça fait avoir le mal de mer à sa guitare et ça transpire à grosses gouttes. Les pile-on permettent de choper le micro sans craindre que le chanteur nous fasse une mâchoire à la Courtemanche. Quant au batteur, j’aimerais pas être son kit de batterie, tellement il s’en prend plein la gueule. Le gars a un background impressionnant et doit être content de revenir plus de 10 ans plus tard dans ce groupe. Il a la patate et en met plein dans la gueule de ses fûts. Un groupe dont la reformation semble en tout cas sincère, à la musique ultra efficace, aux discours vraiment intéressants, avec un chanteur généreux et un public bien remonté. Putain de concert !

Merci à l’orga. J’espère qu’ils sont rentrés dans leurs frais.

Et merci à B1, Goui et la te@m de l’Arak Forum !

B1
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