Swingin’ Utters + Union Jack + Maladroit @ Les Combustibles (Paris - France) le

Ce qu’il y a de bien quand on est parisien/banlieusard exilé en Province, c’est qu’on trouve que finalement Paris c’est vraiment génial pour un paquet de trucs ! En premier lieu la fréquence des concerts et d’affiches de qualité.
Ce soir se déroule ainsi une date qui a pas mal changé ces dernières semaines : les vétérans de Swingin’ Utters devaient être accompagnés par Brixton Cats (groupe ayant fait vibrer un paquet de jeunes redskins dans les années 00’s) et par David Carradine Apocalypse. Côté 1ères parties ce sera finalement Maladroit et Union Jack.

Outre le fait d’avoir le barreau de revenir à Paris, j’étais content de revoir les mauvais garçons du bad ska français. De plus, ça faisait un moment que je voyais trainer le nom de Maladroit ainsi que leurs clips farfelus, sans jamais les avoir vus live (peur du public ado qui colle à la peau de Guerilla Poubelle, tout ça…), c’était donc la bonne occas’. Quant aux vieilles gloires de Swingin’ Utters, j’avais découvert ça il y a longtemps sur la vidéo de Larry’s Dead (allez checker sur youtube) et leur punk-rock à tendance folk m’avait bien plu.

C’est donc en prenant un grand bol de pollution/civilisation, je retrouve quelques potes à Bastille avant d’aller trainer nos guêtres au kébab près de la salle des Combustibles. C’est donc plein de frites dans le bide qu’on file vers la salle. Le temps de voir d’autres têtes connues (certains s’enfilant des mojitos comme Stza les rails de coke) et on entre dans la salle.

Les locaux de Maladroit ont déjà commencé. Le groupe, side-project de membres de Guerilla Poubelle, Justin(e), Jetsex, et Dead Pop Club est décrit comme du pop-punk. Bon, on est quand même sacrément loin de New Found Glory, tout comme les voix plutôt éraillées de Till et Olivier sont loin de celles de Jordan Pundik. On a plutôt à faire à du punk-rock classique alternant chant en français et anglais. Les deux compères au micro se complètent plutôt bien, évitant au groupe de ressembler à un ersatz de Guerilla Poubelle. Étonnamment le public est beaucoup plus âgé que lors d’une prestation de GxP, ce qui n’empêche pas les premiers pogos sur les titres rapides comme "Jimmy’s Boss". En parlant de Jimmy, c’est leur ancien bassiste qui remplace le nouveau. Maladroit dans leur organisation ? Visiblement, au vue des speeches entre les morceaux, ils ont l’air de l’être avec leurs nanas. Compliqué de dire à leurs copines qu’ils ont un nouveau groupe, qu’ils partent en tournée, qu’ils aiment le punk-rock (ah non c’est moi ça). Tout ça met une bonne humeur dans une salle déjà bien remplie.

Pour la suite, c’est Union Jack. Les trois loustics ont un peu la pression, tant Till, le frontman précédent, est présent et volubile sur scène. Ça risque de trancher un peu. Skrack, le batteur, enfile son bandana et son sourire, il ne quittera ni l’un, ni l’autre de tout le concert.
Premier ’tchack tchack’ et ça démarre par l’enchainement "No Justice, No Peace" et "Resistance Call". Si Ben, à la basse bondit sans cesse pour gueuler au micro, XXX (triple X), reste plutôt statique. Son retour de mission avec Vin Diesel au Pakistan semble l’avoir fatigué. Et là se produit un miracle… Un premier discours sans accro a lieu pour annoncer "Life Is Peachy", on en aura même droit à d’autres ! Comme quoi Saint-Bakounine nous a entendus. Le chant en mode ping-pong fonctionne toujours à merveille et les titres, tous accrocheurs, mettent nos oreilles en joie et font bouger nos gambettes de sportifs.

L’ambiance ira crescendo jusqu’à "Guns Of Brixton" (titre plutôt bienvenue après les émeutes en Angleterre) où certains se jetteront en slam depuis les caisses sur le côté de la salle, lançant ainsi définitivement le pogo général. Ce titre clôturait traditionnellement les prestations de Union Jack depuis quelques temps, ou du moins amorçaite la fin. Désormais cette reprise du Clash figure à la moitié du set. Idéal pour remotiver les troupes et redonner force et courage à XXX pour se dandiner.
Leurs tubes s’enchainent jusqu’à "Non Commercial Activity" où les deux chanteurs comme d’habitude, se rapprochent lascivement afin de partager amoureusement un seul micro, on attend juste le moment du bisou final. On regrettera quand même (outre le non bisou final), que le groupe pioche si peu dans sa discographie. Seul "Resistance Call" issu de leur split avec The Gerbs détone un peu. Dommage de ne pas profiter d’un petit "Subculture" ou "Outta My Head".

C’est évidemment à Swingin Utters que revient l’honneur de finir la soirée. Le groupe effectue un comeback en 2011 et investit les planches pour défendre son petit dernier "Here, Under Protest". Le mélange de punk 77’ (avec une approche moderne) et de folk-punk fait mouche dès les premiers accords de "Brand New". La salle se remplit rapidement et le public de se bouger, transformant le sol en patinoire. "Heavy Head" porte bien son nom, car sur ce titre un slameur a la tête lourde manque de se l’exploser sur le sol…
La plupart des titres sont du registre punk-rock assez rentre-dedans, entrecoupés de passage plus mid-tempo voir folk-rock. Les seules baisses d’intensité ont lieu lorsque le guitariste prend le micro, sa voix ne collant pas du tout à la musique, son chant faisant penser à François Baroin en train de muer (si, si !)...

Côté ambiance, ce sera par moment tellement du n’importe quoi, qu’un slameur se retrouvera la jambe coincée dans un projecteur de la salle. La tête en bas, le pied en haut. Certains essaieront de le faire tourner pour le décoincer façon culot d’ampoule, en vain... Bref au bout de 45 min de set, le chanteur file tout droit par la porte, un peu comme Duane Peters il y a quelques mois... et pas pour aller raser les cheveux de Tanguy de l’asso Sick My Duck…
Le public n’est pas décidé à laisser le groupe s’en tirer comme ça et demande son retour. Malheureusement, le chanteur ne revient pas. Malgré tout, au bout de près de 10min, le reste du groupe reprend ses instruments et laisse… au guitariste le soin de chanter. Aïe ? Et bien non, pas de trémolo mal ajusté cette fois, ça chante juste et fort. Parfait pour un rappel.

On se dirige vers la sortie et sous l’affiche du concert de Krum Bums et Turbo AC’S à venir afin de discuter avec un danois. Le nordique semble tout heureux de trouver une table de presse anti-fa, surpris d’en voir si peu dans les concerts en France…
Bien bonne soirée en tout cas avec une redécouverte (Swingin’ Utters, un a priori pas mal battu en brèche (Maladroit) et une nouvelle confirmation d’un des groupes de premier plan en France (Union Jack)...

Merci à Goui et à toute la te@m du Forum Arak.

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