Sink Or Swim Festival - Title Fight, Balance And Composure, Transit + guests @ Le Batofar (Paris - France) le 28/11/2011

"Coule ou nage", quelque chose qu’on n’a pas vraiment envie d’entendre sur un bateau. Il paraît qu’ils n’ont pas eu le choix à la Péniche Alternat, et que maintenant, elle est sous la Seine. Mais il paraît que non aussi. C’était la spéculation de la soirée. De toute façon, au Batofar, le pendant de la Péniche sur la rive gauche, la question ne se pose pas : "Sink Or Swim", c’est un festival, plutôt orienté pop-punk.

Je dis bien "plutôt", parce que les Skeerd Corporation qui ouvrent ce soir, ils font du metalcore. Je pensais que le genre était éteint depuis 65 millions d’années environ, à part quelques groupes ayant réussi à échapper au désastre dans une niche écologique. Là, il ne s’agit pas de l’un de ces survivants, mais plutôt de jeunes archéologues. Marcher dans les traces de Misery Signals, ce n’est pas donné à tout le monde ; et visiblement pas à eux. Et puis, c’est con pour eux, mais ils sont totalement HS.

Alors que les petits Back On Earth qui leur succèdent, eux ils sont dans le vif du sujet : des mélodies qui n’ont rien à envier à Box Car Racer ou Hidden In Plain View pour supporter des paroles du genre "tu as brisé mon coeur", en anglais dans le texte. En tout cas, malgré les prises de risques hasardeuses du chanteur, et un manque de présence scénique (qu’on excuse facilement, vu la jeunesse du groupe), la formule fait autant mouche qu’une pub pour Heineken pendant un match de rugby. "Know your audience", tout ça...

En parlant de public acquis à la cause pop-punk, c’est le tour de Can’t Bear This Party, et on peut dire que la soirée commence véritablement quand ils investissent la scène. Les Parisiens bénéficient d’une sacrée fanbase depuis le temps qu’ils font les premières parties ici, et on peut dire qu’ils portent bien leur nom : c’est la fête dans le public qui reprend leurs tubes pop-punk à pleins poumons tout en dansant en costume d’ours avec le chanteur qui a préféré la chaleur de la fosse à la sueur des projecteurs.

C’est bien mignon tout ça, mais il est grand temps de passer aux choses sérieuses avec Transit. Si j’étais du genre à avoir un humour gras, je placerais une petite blague intestinale sur le nom du groupe, mais il faut bien reconnaître que ça gâcherait le mood. C’est un peu le moment où le héros du teen movie avoue à l’héroïne qu’il l’aime, et puis ils s’embrassent avec force salive. Dans un concert, ça se traduit par sautiller en rythme sur des tubes comme "All Your Heart", "Long Lost Friends" ou "1978". D’une manière assez étonnante, le chanteur a des mimiques plutôt propres au rap ou au hardcore, accroupi et à se frapper la poitrine, genre "yo, big up". Big up à toi aussi mec, il est vraiment cool ton concert. Parce que je me moque, mais il faut bien avouer qu’une fois passé outre le côté "pour minettes" du groupe, c’est très dur de ne pas au moins dodeliner de la tête devant des chansons aussi catchy que "Stay Home", qui termine leur set.

Changement radical d’ambiance ensuite avec Balance & Composure. Pour faire simple : depuis que Thrice a annoncé son hiatus (Ô rage ! Ô désespoir !), je me demande qui va bien pouvoir prendre sa place. Balance & Composure fait partie des groupes qui en ont le potentiel. Certes ils sont encore jeunes, et ils manquent légèrement d’assurance sur scène ; probablement un peu intimidés par le fait d’être en Europe pour la première fois. Par contre, il faut bien reconnaître qu’on n’entend pas souvent des morceaux comme "Void" ou "Stonehands", qui réussissent à exploiter les trois guitares et la voix pour donner une atmosphère aérienne et rentre-dedans à la fois. Forcément, on ne réagit pas aussi vite, ni autant, que sur Transit (c’est moins facile d’appréhender du post-hardcore que de la pop-punk), mais la tension va crescendo tout au long du set jusqu’à un furieux "I Tore You Apart In My Head" ; et le groupe parvient finalement à se mettre le public dans la poche.

Le souci en faisant jouer Balance & Composure en deuxième des têtes d’affiche, c’est que l’ambiance festive est retombée. Pas de souci, Title Fight est là. En live, les Pennsylvaniens troquent volontiers l’étiquette pop-punk/happycore de leur début contre celle du hardcore, et c’est beaucoup plus pêchu que sur CD. Cela fait le bonheur du public qui peut enfin mosher et stage diver tout son saoul. Rappelons tout de même le haut risque de cette dernière activité, qui vous envoie facilement gueule contre terre, ou bien, dans le cas du Batofar, gueule dans un poteau. On a eu des exemples dans la salle.
Enfin ça ne perturbe pas outre mesure les jeunes imberbes sur scène (selon la légende, le chanteur a 14 ans et n’a pas encore commencé à se raser). Les chansons s’enchaînent à toute vitesse ; mais en même temps, à moins de 2 minutes 30 par chanson, on s’attendait pas vraiment à avoir du mid-tempo. La setlist est équilibrée entre les deux albums, cependant, comme j’ai une petite préférence pour le premier (de toute façon, c’est bien connu que les groupes ne font rien de mieux que leur premier album), le point d’orgue de leur set, c’est l’enchaînement "Memorial Field" / "Loud And Clear". Perso, j’aurais bien fini là-dessus, mais ça aurait zapper le sacro-saint rappel. Le choix pour celui-ci est pour le moins étrange à mon avis, mais bon, ainsi en a décidé le peuple.
A l’unanimité, c’est donc "Where I Am ?" qui sera jouée pour mettre un point final à ce très réussi Sink Or Swim Fest. De bons groupes, une bonne salle, un début pile à l’heure, que demander de plus ?

Connexion
Inscription
Informations de connexion
  •  

Copyright © 2003 - 2012, punkfiction.servhome.org. Tous droits réservés.
Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.


SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0