nov.
10
2011
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Against Me ! + Crazy Arm @ La Maroquinerie (Paris - France) le 03/11/2011 |
Après deux rendez-vous sur le sol français aussi manqués que leur dernier album, on se demandait bien quel allait être l’accueil réservé à Against Me ! pour cette date à la Maroquinerie. D’autant plus que leurs derniers passages dans la capitale, au Trabendo et en première partie des Dropkick Murphys, étaient au moins aussi oubliables que l’adaptation au cinéma de Tintin par Spielberg...
Mais la salle est presque comble ce soir. Grosse affluence donc, qui patiente, et même plus, devant le set de Crazy Arm. Ces anglais sont aussi originaux dans leur musique que les anglaises dans leurs choix vestimentaires. Ils n’hésitent pas à osciller entre folk, country, punk et rock plus heavy. Un mélange détonnant qui leur confère un paquet de bonnes chansons, mais qui en laissent certains assez dubitatifs, surtout que le son foutraque n’est pas là pour aider. Le violon est de sortie, et les riffs de guitare s’enchaînent pour envoyer les meilleurs titres du groupe, comme « Broken Wheel » par exemple.
Ça s’agite doucement dans le pit, et ça tape dans les mains pour accompagner le groupe, qui fait un parfait sparing partner pour Against Me ! sur cette tournée européenne dont c’est la première date. Le set de Crazy Arm à peine terminé, les premiers rangs se resserrent et se massent devant la scène. Beaucoup espèrent profiter à fond du concert et chanter en choeur. Ou alors ils veulent juste regarder Tom Gabel brancher ses pédales. Pas de techniciens ou de roadies pour les Against Me ! qui s’installent eux-mêmes, sans tambour ni trompettes. Et surtout, sans accordéon ni piano, comme ils le faisaient aux USA sur leur tournée 2010. Ouf !
Les voici donc branchés, et le set démarre sans intro grandiloquente par le riff de « I Still Love You Julie ». Les lumières sont encore allumées dans la salle, même l’ingé light devait penser que Gabel était encore en train de s’accorder ! Pas de préliminaires, ça rentre direct dedans, et le public atteint très vite l’orgasme sur le refrain en clamant « Still save us aaaaaaaaaaalllllll ! ». Le nouveau batteur (fils de celui de Bruce Springsteen) ne donne clairement pas envie de se réincarner en peau de caisse claire. Un vrai petit nerveux, qui va donner au groupe une cadence infernale. Ca enchaîne direct avec « Cliche Guevara » et la fosse chavire, montrant qu’elle sait compter en anglais en gueulant le fameux « 1, 2, 3, 4 ! ». Le morceau épique n’est même pas fini que retentit le riff fracassant de « White People For Peace », la chanson avec trop de refrains sur la fin mais qui fait lever les poings.
On garde le rythme et « I Was A Teenage Anarchist » déboule, et passe bien l’épreuve du live sans les artifices du studio. Nouvelle séance de sing along sur le refrain, et on se dit qu’à ce rythme-là, les Against Me ! se sont lancés pour défi de mettre une branlée au lapin Duracell.
Objectif largement atteint, car le groupe ne respirera pas, ne prendra pas de pause pour se désaltérer ou changer de guitare. Un effort surhumain, mais accompli avec le sourire et des regards complices entre les trois de devant. Tom Gabel est maintenant au milieu, et c’est plus logique. Ça n’empêche pas le massif Andrew de danser et d’amener sa basse caresser ses têtons. De l’autre côté de la scène, le grassouillet James tient toujours la baraque avec sa machine à riffs, et place des harmonies géniales avec sa voix haut perchée, comme sur le refrain de la furieuse « Walking Is Still Honest », qui vient lancer le pogo dans un pit pas loin d’entrer en fusion quand retentit la ligne de basse de « Don’t Lose Touch ».
Nouvelle séance de sing along : exactement ce qu’on attend d’un concert d’Against Me !, qui ce soir sort la setlist qui vend du rêve. Les deux premiers albums se taillent une bien jolie place, puisque les hymnes « Pints Of Guinness Make You Strong » ou « Reinventing Axl Rose » sont lâchés, que « Rice & Bread » est au menu, avec « Slurring The Ryhms » en guise d’épices et « Turn Those Clapping Hands Into Angry Balled Fists » en guise de supplément ! C’est donc l’excellent As The Eternal Cowboy qui sera le grand gagnant de la soirée, avec 6 titres joués, sur les 11 que comprend le disque !
Le seul moment d’accalmie du concert viendra d’un triptyque de nouvelles chansons, qui verra s’enchaîner « White Crosses » (sur laquelle le public chante le riff comme si on était dans un stade et que c’était celui le « Seven Nation Army » des White Stripes), la catchy « High Pressure Low » ou la b-side « Russian Spies ». Là, on voit clairement que beaucoup ont fait l’impasse sur le dernier album, alors que ceux de New Wave sont mieux accueillis, à l’instar de « Americans Abroad », « New Wave » ou « Trash Unreal », tellement efficace avec son intro en palm mute.
Petit événement sur « T.S.R. », Tom Gabel parle au public ! Et encore, il continue de jouer l’intro en même temps. Quelques mots pour s’excuser d’avoir dû annuler leurs deux dernières venues, pour dire que c’est cool de lancer la tournée ici, et les affaires reprennent. Voilà, pas de chichis, de discours convenus et inintéressants. Place à la musique, qui est encore envoyée avec fougue, même sur un morceau aussi crapuleux que « Because Of The Shame », enchaîné derrière, mais qui vaut quand même le coup d’oreille pour le chant de James. Un petit « Sink, Floria, Sink » pour une nouvelle séance de « oh-oh » dans la salle, et le groupe s’accorde enfin un moment pour aller souffler.
Le temps de boire une gorgée d’eau, pisser la moitié d’un coup, allumer une cigarette et l’écraser, et revoilà les floridiens sur scène avec une petite surprise dans les bagages : « Janie Jones » des Clash ! Brillamment exécuté, le morceau relance les séances de slam. Les drôles de choix pour les rappels étant devenus depuis longtemps une marque de fabrique chez Against Me !, on aura le droit à « Tonight We’re Gonna Give It 35% » (qui fait quand même plaisir à entendre mais dont le titre est tellement mensonger par rapport à ce que l’on voit), et « Piss & Vinegar » de New Wave. De quoi relancer le débat sur l’utilité du rappel.
Pas de quoi en faire un drame cependant, ce rappel se concluant par l’inévitable « We Laugh At The Danger And Break All The Rules », toujours aussi fédérateur, qui fait lever les poings et se déclencher une ultime séance de sing along. Vient le moment de lâcher un soupir. Parce que l’intensité du concert en a contraint beaucoup à rester en apnée... ou parce que c’est déjà fini ? Un peu des deux, un peu des deux...
