février
1er
2012
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Vulgaires Machins >> 7" Acoustique |
Contexte :
Le petit label maison qu’était Guerilla Asso a bien grandi et dans sa course, il s’approche tranquillement mais sûrement de la barre des 100 disques produits. Et c’est un nouvel échelon de franchi avec ce 45 tours acoustique des québécois de Vulgaire Machins qui signent la 95ème production du label parisien.
Chronique :
"J’aimerais mieux que le ciel tombe que d’ralentir au sixième disque". C’est ce que disaient les Vulgaires Machins sur "Une Chanson Acoustique" et c’est dorénavant chose faite. Les Québécois viennent de sortir un 7’’ acoustique et le ciel n’est toujours pas tombé. Et oui, malgré ce qu’ils disaient dans l’temps, ils ont ralenti la cadence et sorti les guitares en bois...
Bon, autant le dire tout de suite et ne pas laisser planer le doute, ce petit EP n’est pas une prod’ originale de Guerilla. Depuis le mois de septembre 2011 les canadiens s’en délectent grâce à Indica Records alors que nous, on a dû attendre Noël. Sa sortie en France n’est donc pas inédite et pourtant… Guerilla a fait les choses bien comme il faut avec cette galette. Écrémé des 8 titres-reprises, on passe d’un CD à un vinyle super classe façon Chœurs De L’Armée Rouge, et ne laisser sur les sillons que les trois morceaux inédits, n’est finalement pas une mauvaise idée.
Non pas que les reprises en acoustiques (offertes en téléchargement) soient mauvaises, bien au contraire. Le groupe a pioché çà et là des morceaux de sa discographie à reprendre avec une guitare en bois, et n’a pas forcément pris que les plus connus. On se retrouve avec un petit paquet de titres d’Aimer Le Mal en version feu de camp qui le font plutôt bien. Des morceaux comme "Aimer Le Mal" ou "Personne N’a Raison" prennent une ampleur plus tragique, presque déroutante, et d’autres comme "Triple Meurtre" et "Suicide Raté" raisonnent avec beaucoup plus de fun. D’autant plus que les arrangements folky-bluegrass, confiés à Gus Van Go et Werner F (déjà responsables des deux derniers opus) sont franchement bien foutus.
Non, ce qui est vraiment bien avec ce passage au vinyle c’est que les trois titres qui restent – les inédits – sont franchement énormes. Le groupe québécois s’est vraiment surpassé et a pondu trois petites merveilles comme lui seul sait les faire.
Avec "Et Même Si", le groupe retrace 16 ans de galères en 4min, ce qui n’est pas une mince affaire. Des salles vides aux concerts pour canidés, en passant par les interminables heures dans le camion, tout y est. Un retournement de galette et quelques craquements plus tard, c’est "Je Chante Pour Les Sourds", petit pamphlet sur les contradictions internes, qui vient nous claquer dans les oreilles et pour une fois, on n’est content de ne pas l’être... sourd. On termine alors par "Sans Remède", avec quelques guitares électriques (toutes légères) pour redonner un peu de pêche à l’ensemble et rassurer les troupes, ce n’est pas la fin du groupe Québécois.
Les Vulgaires Machins nous offrent là un excellent disque qui joue sur la corde des émotions. Les gars (et la fille) nous prouvent que peu importe la vitesse et le style, ils assurent. Et finalement, on se dit qu’ils ont bien fait de ralentir... pour une fois.
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