Dropkick Murphys

Dropkick Murphys >> Live On Lansdowne, Boston MA - CD/DVD

Contexte :

« Featuring an all new collection of St. Patrick’s Day anthems » : voilà ce qu’annonce le dos de la jaquette pour ce second opus live des Dropkick Murphys. Et pour le deuxième effet Guinness (plus à propos que Kisscool), le gang de Boston a joint l’image à la bande son. Aller, t-shirt vert sur les épaules, chapeau ridicule sur la tête et bières au frigo, c’est parti pour la Saint Patrick dans le salon !

Chronique :

Chaque année c’est la même histoire à Boston. Les Dropkick envahissent une salle pendant une semaine pour une série de concerts célébrant la fête nationale de leur pays d’origine. La ville du Massachusetts étant un bastion irlandais, l’événement est toujours un succès, et de plus en plus de fans étrangers y planifient même un petit séjour. En 2002 était déjà sorti « Live At St. Patrick’s Day 2002 » (cf. chronique), avec la vidéo en cadeau bonus sur l’énormissime DVD « On Tour With The Dropkick Murphys » (re-cf. la chronique). Cette année l’objet est bien plus conventionnel, la captation figurant sur un CD/DVD, qui va montrer l’évolution du groupe en 7 ans.

Car la cuvée 2009 est bien une illustration du Dopkick Murphys 2.0. A l’exception de la ballade « Forever » (toutefois ré-arrangée), aucun titre n’est commun aux 2 lives. Captés lors des 7 concerts donnés en 6 jours, les titres servis ici sont donc tous tirés du triptyque Blackout / Warrior’s Code / « The Meanest Of Times ». Et pour un groupe dont les chansons donnent foutrement envie de se foutre une mine, l’entame paraît vraiment bien sobre... Le mix met en effet les voix en avant, et passée la surprise sur « Famous For Nothing » où on a l’impression de visionner un clip monté à partir d’images live, on commence à tiquer quand « The State Of Massachussets » est expédié dans une version où les guitares ont été oubliées ! Voilà qui confère au morceau si fédérateur un aspect très soft, les instruments traditionnels prenant le dessus. Là pour le coup ça fait très drinking song, mais pour le côté punk, on repassera... Il faut donc prendre le temps de s’habituer à ce traitement sonore épuré, que les purs et durs dénonceront comme une volonté d’être plus "populaire", pour commencer à rentrer dans le live.
Les petites danseuses qui débarquent sur scène pendant « Johnny I Hardly Knew Ya » auront sans doute aidé les curés à s’exciter sur ce DVD, tandis que les plus moralement corrects (mais tout aussi obsédés) auront apprécié la performance de la chanteuse de Civet, Liza Graves, venue pousser la chansonnette sur l’excellente « The Dirty Glass ».

La foule est toute acquise au combo, et le vert est de rigueur dans les tenues de gens que l’on entend pas assez (mais que l’on devait bien sentir, vu le nombre de roux présents). Le son a visiblement été capté directement dans la console, et pas (ou très peu) de micros d’ambiance on été utilisés. Dommage, tant un concert des Dropkick Murphys est une communion entre groupe et public, où les refrains sont autant hurlés en fosse que chantés sur scène...
« Sunshine Highway », « Captain Kelly’s Kitchen » ou « Tessie », hymne des Red Sox avec piano pour faire secouer les boules sur le dancefloor. Une performance qui saura sans doute faire adhérer pas mal de néophytes, mais qui risque d’avoir du mal à convaincre les fans old school, tant la puissance et la folie manquent.

Le réalisateur Torey Champagne a dû bien se caresser la nouille devant les films de Michael Bay, et pas forcément sur Megan Fox, mais bien devant le montage supra-dynamique des scènes. Les plans se succèdent très vite, des fois trop, et l’instant a dû mal à être figé sur la pellicule. Tout cela manque de folie, de spontanéité. On note à peine quelques moments d’anecdotes sur « Kiss Me, I’m Shitfaced », où les filles sont invitées à envahir la scène. Un cameraman fait un plan de 2 secondes sur une paire de fesses, deux filles s’embrassent, Ken Casey démarre un pogo sur scène... Tout cela défile très vite.

Ces quelques déceptions sonores et visuelles passées, il convient toutefois de savourer les chansons des Dropkick Murphys, qui bénéficient de temps à autres d’apports donnant tout son intérêt à la galette. Celui des Mighty Mighty Bosstones sur « I’m Shipping Up To Boston », bien que cool, n’est même pas le plus intéressant. Non, les cordes qui viennent sublimer les hymnes « Fields Of Athenry », « Kiss Me I’m Shitfaced » ou justement « I’m Shipping Up To Boston », le sont bien plus, de même que le renfort de cornemuses sur « Kiss Me I’m Shitfaced » (encore une fois), ou sur la terrible « Worker ’ Song », qui là pour le coup défouraille sévèrement. Ces cornemuses de secours apparaissent également sur « Cadence To Arms », qui bizarrement n’apparaît qu’en bonus (collée à « Do Or Die »), alors qu’elle sert désormais d’introduction aux concerts et aurait pu directement apparaître sur la vidéo sans faire sourciller des sourcils, aussi épais que ceux de Raymond Domenech soient-ils...

Un peu trop propre, ce nouveau live reste une très bonne introduction à l’univers de bière et de sueur des Dropkick Murphys. Avec un son très soigné, il ne choquera pas les conduits auditifs de grand-maman Josette, et vous permettra sans doute de le passer à table les jours de Saint Patrick... Mais on ne peut que recommander aux nouveaux fans de se pencher sur les albums du groupe. Les plus anciens n’auront que peu d’intérêt à se procurer l’objet, si ce n’est compléter leur discographie, ou convaincre leur petite copine que le punk celtique, ce n’est pas que de la musique de bourrin...

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