Propagandhi

Propagandhi >> How To Clean Everything

Contexte :

Après de nombreuses galères pour trouver ou garder un bassiste, Chris Hannah (voix/guitare) et Jordan Samolesky (voix/batterie) trouvent en la personne de John K. Samson (voix/basse) le musicien adéquat. A vous d’en juger dans How To Clean Everything, le premier album des canadiens de Propagandhi.

Chronique :

L’album démarre fort avec "Anti-Manifesto", ponctué de riffs de guitare intéressants limite groovy et une batterie speed. Propagandhi y assène un leitmotiv qui ne se démentira jamais : ils ne veulent pas se résumer à un autocollant délavé sur un skateboard... "Anti manifesto" fait prendre conscience du message que les Propagandhi sont sensés transmettre. Il suffit d’écouter les deux premières phrases "Dance and laugh and play./Ignore the message we convey." pour comprendre que ce groupe ne néglige en aucun cas le discours de "propagande" dans le bon sens du terme de la musique punk.

La galette nous offre aussi d’autres morceaux recommandables comme "Ska Sucks" au style différent, avec un début sympathique : la basse en premier plan au jeu bien ska, à laquelle succède une explosion de riffs de grattes distordus. C’est un vieux morceau de Propagandhi, reprise de "A Message To You Rudy" de The Specials. Ce morceau n’était pas destiné aux personnes qui aiment vraiment le ska, mais plutôt à "pisser sur les skinheads nazis de Winnipeg" d’après Chris. Ce n’est plus vraiment d’actualité, d’ailleurs Propagandhi ne joue plus cette chanson en concert. Citons encore "Middle Finger Response", qui est nettement plus énervée, le batteur se montre plus épileptique d’un coup. Malgré les voix à deux hauteurs, le morceau manque de breaks, cela dit, j’aime bien le "fuck all of you" de la fin.

Il y a deux chansons, à la suite, assez quelconques :
- "Fuck Machine", un peu ennuyeuse au début, on y retrouve le batteur véloce, la basse s’y distingue plus de la guitare. Ce titre, je le comprends comme un texte pro féministe, ayant pour thème l’image de la femme notamment à la télévision, la femme-objet ("fuck machine")
- "This Might Be Satire" pas exceptionnelle par rapport à ce qu’on peut attendre du groupe au niveau musical.
Autre truc en trop sur l’album à mon avis : "Stick The Fucking Flag Up Your Goddam Ass, You Sonofabitch" (difficile de faire plus court comme titre de chanson), ce morceau qui ressemble à "Middle Finger Response", manque aussi un peu de breaks. C’est pourtant un hymne à l’anti-patriotisme dont les paroles rattrapent la passabilité relative de la musique...
Par ailleurs, je n’ai jamais été un grand fan non plus du morceau "Haillie Seillasse, Up Your Ass" - pourtant resté dans les annales de la discographie du groupe -, une espèce de reggae où on dirait que le guitariste essaie de faire du violon avec sa gratte, et qui fait tâche en plein milieu de l’album. Pour ceux que ça intéresse le chanteur répète 9 fois "Fuck religion" à la fin de cette chanson qui peut susciter la controverse... Certains parmi mes semblables y voient un texte intéressant, plein d’émotion, et symbole d’une part importante des positions du groupe...

Les meilleurs morceaux de l’album à mon avis :
- "Hate, Myth, Muscle, Etiquette" un de mes préférés à cause des riffs de guitare variés et complexes et de la belle construction vocale autour du morceau... La progression des paroles y est amusante : de "You need a good kick in the ass" à la fin du 1er couplet, le chanteur passe "I need a good kick in the ass" à la fin du 2e couplet, pour finir sur "We all need a kick in the aaaaaass".
- "Showdown (G.E.P.)", dans la même veine que la précédente, c’est à dire toute aussi géniale. - "Who Will Help Me Bake This Bread" à ne pas oublier, qui démarre speed, au niveau guitare notamment, avec un super riff. Dans ce morceau le "Gandhi" de Propagandhi prend tout son sens : "You can rearrange my face but you can’t rearrange my mind. You can beat this shell about me, but you can’t touch what’s inside." - "I Want You To Want Me" (reprise des Cheap Trick qui clôt l’album), un morceau bien délire que je n’hésite à mettre dans les meilleurs. Relativement pépère, il s’énerve tout de même vers la fin avant de finir cette déclaration d’amour avec les choeurs des 3 rigolos.

Que vous vous sentiez punk dans l’âme ou non, How To Clean Everything est un disque de référence, dans lequel de nombreux groupes comme les fameux NoFX ont puisé leur inspiration. La galette vaut le détour, et sera certainement à la mesure des exigences des punk-rockers des plus roots (la démarche, les textes)comme des plus mélo (le son qui donne envie de skater). Cet album est indispensable à toute bonne punkothèque.

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