The Briggs + Strawberry Blondes + Middle Finger Salute @ Londres (The Camden Barfly)

Publié le 17 septembre 2009 par Will

Voilà maintenant tout juste une semaine que je réside à Londres et je me décide enfin à checker les concerts dont je vais pouvoir me délecter pendant mon séjour. Bah oui jusqu’à présent j’ai tenté de sauver mon porte-monnaie de la déchéance, Londres n’est pas la ville la plus chère d’Europe sur le papier, mais il est quand même difficile de résister aux nombreux concerts punk-rock que la capitale anglaise nous offre.

Après Polar Bear Club accompagné d’A Wilhelm Scream le jour de mon arrivée (quel concert !), je me décide à aller voir ce soir The Briggs dont je ne connais quasiment rien, dans un petit bar nommé The Camden Barfly. Petit bar, du moins c’est ce que je pensais avant d’entrer dans la salle située derrière les toilettes. C’est en fait juste aussi bien que toutes les salles lyonnaises type Warm Audio ou parisiennes type Glaz’art. Tant mieux, l’entrée est à huit ‘pounds’ (soit à peu près dix euros), ce qui n’est évidemment pas cher pour Londres, mais avec le coût du transport on en arrive vite à compter les pièces restantes dans notre poche.

Le show démarre avec les petits jeunots de Middle Finger Salute et dévoile un son vraiment excellent pour une salle de ce calibre. Cela n’empêche pas les petits problèmes techniques : au bout du premier morceau la basse ne fonctionne plus, s’en suivra des trifouillages et des changements d’instruments, mais hélas rien n’y fera. Le groupe continue son concert sans basse, sans bassiste même, puisqu’il y ira s’abreuver au bar pendant que ses collègues finissent le show sourires aux lèvres. Alors le manque de basse empêche forcément tout le monde d’apprécier le show à sa juste valeur, mais il n’empêche que le groupe est vraiment bon malgré son jeune âge, et de surcroit très à l’aise scéniquement.
Sa musique est à classer aux côtés des vieux Bouncing Souls ou Anti-Flag, pas très originale certes, mais exécutée de très bonne manière et avec bonne humeur. Le dernier morceau fera revenir le bassiste sur scène afin qu’il joue ses lignes de basse sur une guitare, juste pour le fun quoi. L’occasion pour le public de scander des "you’re shit" à la demande du chanteur, histoire de souligner la bonne humeur constante malgré le fait qu’on soit un dimanche soir.

Le changement de plateau se fait très rapidement et ce sont les Strawberry Blondes qui débarquent. Et ma première impression sera très décevante : voilà un groupe de plus qui copie les Clash au détail près. Le chanteur a exactement le look de Mr Joe Strummer, la même voix, les mêmes guitares, le même jeu de scène… Tout cela me parait fort désagréable. Sauf que voilà, je suis un fan des Clash. Et au fur et à mesure que le concert défile je me laisse prendre au jeu. Un peu comme si je réalisais un rêve inaccessible : voir les Clash. Même en réécoutant le groupe sur internet, j’ai l’impression d’écouter des B-sides des auteurs du mythique "London Calling". Mais malgré toute ma mauvaise volonté, je ne peux nier que j’ai passé un super moment devant ce groupe. Je n’achèterai pas leur CD, je ne les reverrai peut-être jamais en live mais l’espace d’un instant les Strawberry Blondes m’ont fait rêvé. Les Clash quoi… Quoi qu’il en soit le groupe n’est pas forcément très bon en live, seul le chanteur se décarcasse à faire bouger cette scène, mais la force du groupe est dans la voix, les chœurs, les mid-tempos, les apparitions d’une trompettiste aux mélodies très Clashiennes elles aussi… Bizarre, mais j’aime.

Après toute ces émotions je constate qu’il n’est que 21h, et en conclus donc que comme à Paris les concerts londoniens se terminent constamment aux alentours de 22h/22h30. Le temps pour le bar de se faire quelques sous de plus avant le dernier métro.

The Briggs envahissent la scène devant un public connaisseur (être anglais ça aide pour maîtriser les paroles par cœur). Personnellement je ne connais presque rien du groupe, je suis là par curiosité, pour la découverte de nouveaux sentiers. Et j’aurais bien eu raison de ne pas être rester cloîtré chez moi devant mon ordinateur. Car dès le début The Briggs en impose comme peu de groupes du genre le font. En grande partie grâce à un chanteur charismatique mais aussi au guitariste soliste incroyablement doué (si je vous dis qu’il doucherait aisément et sans conteste les guitaristes d’A Wilhelm Scream par exemple, jeu de scène inclus, ce n’est pas rien).
L’ambiance est de la partie, le public joueur, le groupe se donne à fond et tout ce petit monde a vraiment l’air content d’être là. Contrairement à d’autres groupes du genre The Briggs n’invite pas constamment à la beuverie, ce qui est vraiment de bonne augure tant ce genre de pratique est soulante (bah oui !) à la longue. Les tubes s’enchaînent donc très bien, le son est là aussi excellent, et le batteur a le look d’un acteur américain en un peu plus tatoué (je vous accorde que cela n’a rien à voir avec ce que je disais avant mais je tenais à le signaler).

Sur chaque morceau je découvre un groupe beaucoup plus intéressant que je ne le pensais, notamment grâce aux nombreux soli et autres effets guitaristiques effectués par le guitariste soliste (quand je vous dis qu’il est doué c’est que j’ai vraiment été impressionné !). Le public, quand à lui, reprend les paroles en chœur sans forcément s’emballer, ce n’est pas comme si on était à un concert de jeunes dégénérés écoutant du punk-rock non plus... Les alternances entre les chants sont elles aussi très appréciables, et rajoutez à cela un bassiste plutôt inspiré (et au look très anglais lui par-contre).

La fin du concert approche, le groupe quitte la scène, je remarque le rappel indiqué sur la set-list par un trait, mais personne ne se décide à lancer les ‘one-more song’ dans le public. Du coup les zicos attendent à l’entrée des loges, guitares en mains, avant de se rendre compte qu’ils se sont faits avoir à leur propre jeu. Pas de rappel ce soir. Un peu en eau-de-boudin cette fin de soirée, marrant.
Retour à l’appartement, et un constat en tête : un nouveau très bon concert en direct de Londres, malgré un petit manque de folie qui aurait pu en faire un show mémorable. Le prochain c’est quoi ? Paint It Black, qui passe juste deux fois en deux semaines à Londres, et idem pour Snuff. Ok, ok, j’arrête...


Groupe associé
Briggs (The)
5. Back To Higher Ground
6. The Westlake Sessions EP
4. Leaving The Ways EP
7. Come All You Madmen