oct.
11
2011
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VA - The All Skanadian Club Vol.5 |
Contexte :
Cela fait maintenant plus de 15 ans que Stomp Records distille la bonne parole du ska (et accessoirement du punk-rock et du psychobilly) dans toutes les provinces du Canada et bien au-delà, puisqu’avec l’avènement d’Internet, se procurer la nouvelle sortie du label du boulevard Saint Laurent est d’une facilité déconcertante que l’on réside à Marseille, à Barcelone, à Berlin ou à Austin, Texas. Les compilations "All Skanadian Club" sont depuis 1995 l’occasion de faire le point avec les groupe de ska locaux (le label avait au départ été créé dans le seul but de produire le premier volume), des plus confirmés aux tout jeunots qui pointent à peine le bout de leur nez…
Chronique :
Voici donc un bel objet, copieux, à l’artwork élégant, disponible un peu partout pour trois fois rien… Alors vous attendez quoi ?
Pas que cette compile soit parfaite - comme tous les exercices de ce style elle a les défauts de ses qualités - mais elle permet, à l’instar des "Ska Ska Skandal" de Pork Pie au début des 90’s, de dresser un tableau, pas exhaustif mais pas loin, de ce qui se fait dans le genre au pays des caribous.
Alors oui, les anciens qui ont largement fait leurs preuves côtoient la marmaille, l’ensemble est donc inégal, mais le skeud recèle de bien belles pépites pour se désensabler les portugaises.
On distingue ici trois tendances principales : les ska-punkers, sévèrement burnés, les tenants d’un certain classicisme 60’s, revival ou two tone, et les amateurs de dirty reggae à la Aggrolites.
Le disque démarre en fanfare avec la première catégorie et un gros gros titre de The Afterbeat, les ska-punkers de Winnipeg (la ville qui abritait les génies méconnus de The Barrymores) qui envoie le bois dans ta gueule avec un « Rude Boy », charnu comme une actrice porno seventies. L’autre groupe qui poutre vient de Vancouver et s’appelle Rude City Riot. Avec « Imposter Man », il livre un chouette morceau bourré d’énergie, de foutre et d’hormones comme on les aime, avec un petit refrain à reprendre en cœur au milieu de la fosse en délire. Toujours au rayon ska-punk, on a le droit aussi à un titre de belle facture de The Real Deal, à un Los Furios ou à un excellent Subb (« On & On ») avec une accélération finale du plus bel effet.
Les confirmations viennent de The Planet Smashers (la catchy « Hippopotamus »), de Skavenjah ou de The Beatdown avec un titre qu’on connaissait déjà, mais "The All Skanadian Club" c’est aussi quelques belles découvertes : The Fundamentals, The Novamatics ou The Harmonauts qui défendent l’école dirty reggae, Sound One au rayon sixties, The Faceplants dans un trip punk-ska-pop (la très bonne « Rollback ! »), ou un Prince Perry & The Gladstones qu’il va falloir suivre de près, tant leur « Love At The End of the Century » est une réussite ska-rock atmosphérique absolument incontestable.
La première moitié du disque est un cran au-dessus de la seconde, où les Tartanglophobes peinent à trouver leur rythme à force de vouloir mettre des breaks par-ci et des accélérations par-là, et où The Hangers a un brin tendance à tourner en rond sans pour autant démériter.
Tu es jeune, tu veux te faire une idée de l’état actuel de la scène ska made in Canada (la meilleure ces dernières années ?) pour même pas cher, tu veux user la semelle de tes Converse et éliminer les calories superflues des tes derniers filet’o’fish, alors vas-y gamin, achète, c’est d’la bonne, d’la bonne pour toi, mais aussi pour ta mère, ta sœur ou même pour ta meuf.
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