mars
3
2011
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The Dreadnoughts + One Trax Minds + Les Prouters + David Stygmate @ La Miroiterie (Paris - France) le 22/02/2011 |
Retour à la Miroiterie le lendemain de la date d’Authority Zero. Même endroit, avec pas beaucoup de visages communs mais deux fois plus d’affluence ! Finis les enfants qui distribuent des bonbons dans les rangs clairsemés des joyeux punks en vadrouille, place aux chiens qui veulent s’envoyer en l’air (enfin surtout un) et qui se coursent dans le squatt parisien, en rentrant dans les gens et manquant de faire tomber les plus fragiles des genoux, en fin de soirée notamment.
David Stygmate ouvrait les hostilités en mode acoustique pour l’occasion, mais trop tôt pour qu’on soit là pour le voir. Les Prouters se retrouvent donc assez vite sur scène. Les Prouters, écumeurs des salles parisiennes depuis la nuit des temps, continuent d’y déverser leurs tubes entre punk, pop et rock’n’roll. Parce qu’« A Poil Sur La Lune » est un gros tube, et la grosse poignée de costauds qui les suit s’échine à reprendre le refrain et s’amuser des propos du groupe, très souvent drôles et portés sur la boisson (« Alcoolique »). C’est que le trio a beau avoir pris de la bouteille, et même du pack, ils gardent la même énergie, la même envie d’en découdre. Leur set semble même bien court, mais s’il a largement atteint son objectif : passer et faire passer un bon moment.
En mode plus sérieux, ce sont les italiens de One Trax Minds qui prennent la suite des opérations, et dénotent un peu dans la Miroiterie, avec leurs cheveux gominés, chemises blanches ouvertes sur le torse, chaînes en or qui brillent, en mode rital quoi, sans le scooter. Ils doivent bien aimer Social Distorsion, le côté perfecto-moto et tout le tintouin. La Gibson au niveau des couilles, le chanteur enchaîne les titres, en anglais, et le groupe est en place, mais il manque quelque chose. C’est comme les cheveux gominés, trop lisses, trop plat, et les gens ne font que passer jeter un coup d’œil, à part quelques-uns au premier rang qui restent, attendant sans doute la vague de folie à venir.
Parce qu’il n’y a pas d’autre mot que « folie » pour définir un concert des Dreadnoughts. Ah si, il y a « crust » aussi. Comme Star Fucking Hipsters il y a quelques mois, ils sont parfaitement intégrés au décor du squatt. Le bassiste a le t-shirt tout déchiré, le joueur de mandoline a des dreads tellement longues que se retrouver sans PQ dans les chiottes ne serait pas un problème pour lui, et le chanteur a l’air de sortir du moyen-âge, ou d’un groupe de métal parodique. Une intro où les 5 canadiens chantent en chœur, et boum, c’est le tube « Antartica » qui vient faire remuer les popotins et les bouteilles de vin.
Ah oui, la folie. Les quatre musiciens sautent partout. Le batteur ne peut pas en faire autant, mais il vit autant les chansons que les autres, et changera même de place avec le bassiste sur une chanson pour venir s’amuser sur scène aussi. L’énergie dépensée est incroyable, le violon et la mandoline se confondent pour asséner des riffs dansants qui font s’agiter les chevilles des pogoteurs qui s’en donnent à cœur joie, et le chanteur profite des intermèdes pour continuer à chauffer la foule.
De temps à autres des airs de polka sont joués, et accélèrent crescendo. Le batteur se met à porter son tom basse pour taper dessus, il part en slam avec comme objectif de se faire porter jusqu’au bar à l’extérieur de la salle. Echec. Il ne peut donc pas ramener de bières, alors les Dreadnoughts s’en font offrir par de généreux donateurs aux premiers rangs. Les gosiers rafraîchis, ça repart de plus belle, avec des pieds de micro qui se font malmener, des dreads qui continuent de tournoyer et un bassiste qui semble monté sur un trampoline. Deux kids sont invités à chanter sur un morceau, la bonne humeur est partout dans une salle qui clame à l’unisson « Polka never dies » et s’agite dans tous les sens sous les coups de butoir des titres supersoniques du groupe, comme « Raspoutine ».
Placés musicalement entre Flogging Molly et Gogol Bordello, les Dreadnoughts conjuguent en effet la rapidité d’exécution des premiers et les sonorités tziganes-gitanes et autres origines qui déplaisent au gentil gouvernement français actuel, et possèdent de ce fait une couleur musicale bien à eux, qui fait des ravages en concert. De la folie, tout simplement.
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