février
24
2011
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Sonic Boom Six + Antillectual + Union Jack @ Les Combustibles (Paris - France) le 20/02/2011 |
Ce dimanche affichait complet au niveau choix de concerts. Les coreux parisiens avaient rendez-vous à la Péniche pour voir des tough guys de Boston, membres du FSU, accompagnés par des tough guys nationaux (entre autres de Rouen). Les keupons se retrouvaient aux Combustibles, nouvelle salle à la mode, pour une soirée estampillée Guerilla Asso et PunkFiction. Je prends l’option numéro 2 et, raison supplémentaire, les anglais de Sonic Boom Six ayant joué pour la fermeture de la salle du Rocher et celle du Chiquito (avec descente de police en prime), ; c’est peut-être là la dernière occasion de fouler le sol des Combustibles… Autant en être !
C’est accompagnée de ma douce et tendre (ça reste à voir ça m’enfin bon) qu’on arrive un chouilla à la bourre au concert. Ce qui permet au 3ème larron de finir ses frites en lousdée. On retrouve quelques potes devant la salle, où on se rend compte que les lunettes carrées et épaisses à la Tim Armstrong sont à la mode.
Une fois acquittés du droit d’entrée, on entre sur les premières notes de « Resistance Call » des Union Jack. Toujours en trio pour les petites salles, le groupe envoie son bad-ska énergique et nerveux le sourire aux lèvres. Cette forme en trio leur réussit plutôt bien, surtout sur les titres comportant peu de passages scratchés ou joués au keyboard comme « Life Is Peachy ». Toutefois, il manque un petit truc, pour les morceaux comme « 13 Ways » pour retranscrire l’ambiance qui s’en dégage habituellement.
Si ces petits gars de banlieue ont compris le concept économique Schumpétérien qui veut que l’innovation soit le moteur du développement, ils n’ont pas encore bien assimilé les notions de communication. Ça galère toujours entre les morceaux pour les speeches. Mais bon, d’ici quelques années, XXX nous sortira un disque de spoken-words bien sentis, je vous le parie !...
Alors pourquoi innovation ? Les gars ont potassé leurs cours de stratégie d’entreprise entre deux écoutes de Leftöver Crack. Ils ont changé leur playlist ! Si si, enfin tout du moins l’ordre de passage. C’est ainsi que la reprise du Clash « Guns of Brixton » est maintenant jouée au milieu du set. D’ailleurs, ils enregistrent ces jours-ci de nouveaux titres qui seront présentés au public prochainement…
Les Combustibles étant les Combustibles, il faut bien qu’il y ait quand même un truc qui plante, ici ça sera un micro. Les deux chanteurs se retrouvent à partager amoureusement le dernier micro encore en vie...
Après quelques petits réglages, le concert redémarre, ainsi que le ping-pong toujours plaisant entre Rude Ben et Vin Diesel... XXX pardon ! Le public est réactif et le pogo bien enclenché. Ça change du concert au Café de Paris qui ressemblait à une soirée entre potes. On ira de notre coup d’épaules sur « Non Commercial Activity ». Difficile après pour le groupe d’appeler les gens à se rendre au stand merchandising...
On apprend que Black Sheep ne sont finalement pas présents ce soir car leur gratteux (je crois) a chopé la gastro. Ça fait chier (blague)... Car les moutons noirs envoient du bois sur scène, le ska-punk à la limite du ska-core. Ils sont remplacés au pied levé par les hollandais d’Antillectual, tête d’affiche du concert de la veille organisé par Sick My Duck au Bellushi’s. Ces bataves proposent un punk-mélo oscillant entre Millencolin et les structures plus complexes à la Propagandhi. Et là malgré que ce soit bien foutu, je sais que j’ai plus 17ans depuis longtemps et que le mélodique passe vraiment plus du tout. Autant 2 chansons, ça passe bien mais après quel ennui. Aucun sing-along, aucune rage malgré un groupe qui se donne. Les deux chanteurs sont complémentaires mais pas comme le groupe cité plus haut. Ici, c’est une voix rageuse contrebalancée par une voix plus claire. Ce qui fait que chaque démarrage en trombe est cassé net. Vraiment dommage car le groupe a du potentiel et des textes intéressants. D’ailleurs, j’ai voulu faire un tour sur la table de merch mais leurs zines dataient de 2005 ! Alors ils ont beau être gentils, essayer de parler français, on commence à bailler et à trouver le temps long. Et c’est dur on voudrait aimer, mais non… Question de goûts.
Quand le changement de plateau arrive, on est soulagé. Mais deux doutes planent :
1) Les flics vont-ils venir fermer ?
2) N’ayant jamais vu Sonic Boom Six, on se demande si ça vaut le coup en live.
Leurs prestations sont réputées mais l’écoute en cd n’a pas été très concluante (trop fusion comme style, vois féminine trop particulière...). Alors lorsque la petite chanteuse à casquette relevée monte sur scène, on attend ça de pied ferme. Dès les premières notes le public répond présent et jump à l’unisson. La musique est carrément entrainante, seulement la sus-dite chanteuse sur qui mon comparse aura les yeux braqués toute la soirée a une voix assez spéciale, il faut bien le dire. Très japonisante et infantile, ce qui peut rebuter au premier abord. Mais sa présence scénique, assez impressionnante malgré sa stature, met les choses au point. Et lorsque son flow se fait de manière scandée comme sur « The road to hell is paved with good intentions » ça passe comme une frite dans le gosier de mon pote Boudid.
Là où le groupe prend toute son ampleur c’est lorsque le chant est partagé avec Paul, le bassiste. Ce bad boy anglais du nord a des capacités vocales tout simplement hallucinantes. Son flow est impeccable et rythme à lui seul les morceaux sur lesquels il se pose façon hip hop. D’ailleurs ces morceaux sont clairement les meilleurs et le public ne s’y trompent pas en se déchainant comme de beaux diables. Le dancefloor est électrique et humide à la fois, et des titres comme « Piggy in the middle », et son sample « wooo wooo, that’s the sound of the police », ne font qu’accentuer la température ambiante. Les basses sont puissantes et le beat donné par le batteur et sa machine font se déhancher les corps (y compris le Boudid qui bougera à un moment sa jambe gauche). Le groupe réussit le mélange entre punk-ska vénère comme leurs compatriotes de Filaments (dont la chanteuse arbore le t-shirt), et la drum’n’bass groovy du Peuple de l’Herbe. Le groupe pèche tout de même un peu sur les morceaux plus calmes, et la fin semble prendre cette direction avec « Northern skies ». Ce n’était évidemment qu’un leurre pour relancer la machine à la fin et terminer sur un « Monkey see, monkey do » des familles.
Alors ouais, ils ont totalement cramé le dancefloor ! Bonne soirée et découverte, pour certains, d’un groupe qui vaut largement plus en live qu’en cd où la voix de la chanteuse peut s’avérer c’est vrai, vite énervante...
Merci à Goui du Forum Arak !
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