sept.
13
2011
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Social Suicide + guests @ Garage Club (Bergen - Norvège) le 08/09/2011 |
Un punk rocker au pays du black metal, 1ère partie.
Me voilà en Norvège pour un an. A Bergen plus précisément, sur la côte ouest du pays. L’une des villes les plus pluvieuses d’Europe. Et depuis une bonne semaine, il pleut donc tous les jours. De grosses averses qui trempent jusqu’aux os. Le record du nombre de jours de pluie consécutifs est de l’ordre de 80, j’espère qu’on n’est pas parti pour le battre !
Ce jeudi 8 septembre, il pleut, rien d’étonnant donc. Mais c’est surtout la date de mon premier concert de hardcore/punk rock en Norvège. J’enfile mon sur-pantalon et ma veste tous deux évidemment imperméables, j’enfourche mon vélo et fonce direction le Garage, haut lieu de la culture rock (au sens large) de Bergen. Je retrouve quelques potes devant la salle, enlève mon accoutrement d’homme-grenouille et pénètre dans les lieux. Après la traditionnelle ablution à base de bière locale, on descend au sous-sol où se déroulent les festivités. Une belle salle, ni trop petite ni trop grande et basse de plafond, mais avec un pylône en plein milieu du pit…
Au programme ce soir, du hardcore bien violent made in Bergen avec les agités de Social Suicide. Je m’attends à un gros set de la part du quatuor, d’une part parce qu’il joue à la maison, et de deux car ces gars là ont fait la première partie de Comeback Kid sur leur dernière tournée européenne et joué au Groezrock cette année aux côtés de leurs compatriotes de Kvelertak – mais de ces cinglés-là j’en reparlerai une autre fois. Deux premières parties pour nous chauffer avant Social Suicide, et c’est Still Shaking qui lance les hostilités.
Le groupe semble assez jeune mais ça joue pas mal. Les potes sont là pour soutenir le quatuor et quelques mélodies accrochent l’oreille. Sans casser trois pattes à un canard, Still Shaking nous tient en haleine grâce à un punk rock somme toute assez classique, mais où l’on décèle quelques bonnes parties, notamment de la part du guitariste. Seulement, à peine chauffé, le groupe termine son set et dit au revoir au public... après à peine 20 minutes. Plus de chansons en stock ? Ajouté de dernière minute à l’affiche et donc pressé par le timing ? Je ne sais pas trop… Le changement de plateau se fait fissa en tout cas, et les gaillards de Poets On Payday investissent les planches.
Drôle d’allure ces gars-là. Surtout le chanteur, avec son épaisse moustache, sa casquette à la visière relevée et son magnifique t-shirt de basket violet, le gratteux n’est pas en reste avec ses bottes en caoutchouc, en mode "je taille à la pêche après le concert". Niveau musique, c’est hardcore, mais plutôt post hardcore et bien barré, avec de chouettes mélodies à la gratte et des passages plus éthérés bien efficaces, le tout emmené par un chant en norvégien assez… dégueulasse. Pas mauvais. J’aime même carrément le style, mais c’est crade, souillon, ça hurle et ça s’en branle pas mal. Par cet aspect, mais aussi musicalement, Poets On Payday me rappelle un autre groupe scandinave, suédois eux, Sista Sekunden. La musique des Norvégiens est peut-être moins rapide mais on évolue dans les mêmes sphères, un hardcore déglingué et craspec. Cela ne plait pas à tout le monde mais ça a le mérite d’être franc du collier. Mais pfiut ! Après 20 minutes, le chanteur disparaît laissant le soin à ses zicos de finir le titre et le set. J’en aurai bien pris un peu plus, dommage. Mais je commence à me demander s’il est normal ici de jouer si peu longtemps.
Une nouvelle fois le changement de plateau est assez efficace et il ne faut pas attendre trois plombes pour entendre les premiers riffs de Social Suicide. Le quatuor semble tout jeunot, pourtant le groupe a déjà acquis une belle notoriété à l’échelon européen. Pas le temps de tergiverser, les quatre musiciens aux bouilles de minots envoient la sauce à cent à l’heure dès le départ. Pas de round d’observation non plus dans le public qui part au quart de tour – tout du moins une bonne vingtaine de personnes. Les titres sont courts et sacrément violents et les riffs de grattes cinglent comme jamais. Tandis que le frontman s’époumone sur les barrières séparant la petite scène du pit, un bon groupe d’agités continue de s’activer et de s’égosiller sur les sing-alongs. La tension monte encore d’un cran avec les excellentes « Broken Pilgrims » et « Rodeo III », issues du premier et unique album du groupe.
Social Suicide enchaîne les titres sans coup férir, peu de place pour le baratin qui est de toute façon évidemment distillé en norvégien… Enfin, vient le moment de « 5th Man On A Dead Man’s Grave », LE single de ce premier opus, et on comprend pourquoi ! Puissants sing-along, super mélodie à la Comeback Kid sur ce morceau juste énorme et dernier saut dans le pogo ! Car oui, après cet ultime bombe, le groupe quitte la scène, il aura joué maximum trente minutes et il n’y aura pas de rappel – visiblement pas systématique ici vu à la vitesse où les gens ont décampé. Mais malgré un set un peu court, je me suis pris une bonne claque dans la gueule ce soir ! Vivement le prochain concert.
Pas le temps de traîner, je reprends le vélo direction ma piaule. Et juste pour me rappeler que je suis bien à Bergen, je me prends une ragasse digne de ce nom sur le retour et arrive chez moi plus mouillé qu’une ado sortant d’un récital de Justin Bieber. Et vous savez quoi ? Demain il pleut...
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