River City Rebels aurait pu être un groupe californien, ou bien floridien, ou même de New-York ou de Boston, mais non, les gars sont du Vermont, là où on met des chemises à gros carreaux rouges pour couper du bois comme pour aller au bistrot, où la capitale s’appelle Montpellier et où la ville principale (Burlington) est à peine plus grande que Thionville, que Montluçon, que Roanne, que Melun, que Bron, que Chartres, que Nevers... Voilà pour le décor au-delà du glamour. Donc oui, dans le Vermont, à moins d’être tueur en série qui bute des auto-stoppeuses ou bien un auteur de best-sellers volontairement retiré de la civilisation, on s’fait un peu chier le samedi soir. Et même le vendredi remarquez.
Sauf qu’en 1997, un guitariste nommé Dan O’Day, un bassiste nommé Chris Jukosky et un batteur nommé Erik Schmidt décident de former un groupe de rock’n’roll à tendance punk, à l’époque pas encore nommé River City Rebels, puisque les gars sont de White River Junction et que, donc, c’est des rebelles. Le trio s’adjoint les services des Chris à la trompette, Luc et Sam au saxophone, et Greg à la basse, puisque l’autre Chris décide de se concentrer sur le chant. Ensemble, ils enregistrent leur premier album en 1999 sous le nom de The Skatenders et comme leur nom l’indique, ils font du ska.
Le premier véritable album de River City Rebels sort en 2000 sur Victory Records et s’intitule Racisme, Religion And War. Le groupe a alors déjà subi pas mal de changements de line-up : Ward Aimi a repris le chant, Chris est retourné à la basse… Le disque lui, comme son nom l’indique, a des choses à dire sur l’Amérique des années 2000.
Moins d’un an après, Ward est parti et le groupe revient avec un nouvel album, Playing To Live, Living To Play, toujours pour Victory Records. Sur ce disque qui connait un certain succès, River City Rebels met du Springsteen dans son punk-rock, et chaque musicien participe aux compositions. Mais des tensions internes entraînent de nouveaux mouvements dans le line-up. Dan qui avait repris le chant et Drew, le dernier guitariste en date se tirent. Plus que jamais, c’est Dan O’Day qui tient la baraque.
Pour No Good No Time No Pride qui arrive en octobre 2002, le groupe c’est resserré autour de six musiciens : Dan au chant, Erik à la batterie, Chris à la basse (le trio des débuts), Brandon au trombone (présent depuis 2000), Rylan au sax et Chris Hamm à la gratte. Sur ce disque, Duane Peters et Kerry Martinez de US Bombs viennent faire coucou très fort dans le micro.
Le quatrième album de River City Rebels marque un tournant. Le disque est produit par Sylvain Sylvain (New York Dolls) et le virage glam est net. Hate To Be Loved regroupe huit musiciens et pas mal d’invités, dont Vic Ruggiero, frontman des The Slackers, et sort comme à l’accoutumée sur Victory Records en 2004.
Pendant toutes ces années, le groupe joue un peu partout dans le monde, et partage la scène avec les plus fines gâchettes de la scène punk (The Casualties, The Ducky Boys, Street Dogs, Good Riddance, The Queers, The Unseen...) et de la scène ska&punk (Big D, Mighty Mighty Bosstones, Less Than Jake, Catch 22, Voodoo Glow Skulls, Leftöver Crack…) dont quelques-uns sont des voisins de label.
Et pour une fois, le combo prend trois ans pour composer un nouvel opus, Dan O’Day étant le dernier survivant des toutes premières heures suite au départ de Chris et Erik. Keepsake Of Luck sort en septembre 2007 sur Silver Sprocket Records, et les influences se font de plus en plus multiples, avec un savant mélange de punk, de soul, de folk, de country, de rock n’roll…
Le disque suivant, In Love/Loveless est autoproduit en 2008 et, au départ, uniquement vendu pendant les concerts du groupe alors seulement composé du duo Dan O’Day/Brandon Rainer qui se chargent respectivement du chant, de la gratte de la basse, et du clavier, du trombone et de l’harmonica.
Les compères remettent le couvert en 2010 avec la sortie de Done With Love, album protéiforme qui explose les frontières du punk-rock, s’inspirant autant de Billy Bragg que de Social Distortion ou des Dexys Midnight Runners. Et comme on n’est jamais si bien servi que par soi-même, le disque sort sur Mod House, le label du groupe.
Au printemps 2011, River City Rebels vient poser ses valises en France à l’occasion du deuxième anniversaire du label Carnage Punk-Rock qui a lieu aux Combustibles à Paris, accompagné par Saint And Sinners, Bastards On Parade et Silver And Gold, qui n’a rien à voir avec le groupe de Toulouse (hohé hohé capitaine abandonné… plutôt avec une chanson de Joe Strummer ?).
Depuis, le groupe hiberne et Dan vient tout juste de former Union Gun Of 62’ avec ses vieux potes Chris Jukosky et Brandon Rainer, ainsi que Josh O’Day et JV McDonough.
En 2006, Dan O’Day a sorti un album solo sur Springman Records intitulé Street Performance.
