janvier
30
2012
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La Dispute + Former Thieves + Sugartown Cabaret @ La Boule Noire (Paris - France) le 23/01/2012 |
Le 23 janvier n’est pas une date propice au tourisme. On le sait parce que le quartier de Pigalle est quasiment désert, à part quelques personnes qui se pressent devant la Boule Noire pour le concert de La Dispute. Quelle erreur ! Faire la queue pour rentrer à un concert ! Alors qu’à 50 mètres, on peut se faire interviewer par le batteur du groupe du Michigan. Finalement, on ne sera que 5 à avoir le privilège de raconter nos vies à Brad Vander Lugt...
Le problème dans tout ça, c’est que ça nous met en retard pour le set de Sugartown Cabaret. Et c’est un peu embêtant, parce qu’ils sont très bons. Au carrefour entre Thursday, Life At These Speeds, This Will Destroy You et Envy, les Caennais envoient un screamo particulièrement émotionnel. Tout au long du set, on surfe sur une vague de rage et de tristesse ; porté par la voix toute en reverb’ et des plans instrumentaux qui alternent riffs hachés et longues envolées planantes. Et pour une fois, il faut bien avouer qu’on a envoyé sur scène une première partie à la hauteur du headline. Sugartown Cabaret, c’est un peu les ambassadeurs de ce qu’on fait de mieux dans le genre en France, et on n’est pas peu fiers de les avoir recommandés au batteur de La Dispute.
Alors, après une telle prestation, c’est dur pour les suivants de relever le défi. Et malheureusement pour eux, ils n’y arriveront pas. Former Thieves, c’est du metalcore basique qui ne dit pas son nom ("post-machin" ça fait plus hype), pas désagréable finalement, mais qui manque énormément de relief. Trois jours après, j’aurais bien du mal à fredonner un de leurs airs. Et le choix de prendre en support de La Dispute un groupe de metalcore, style connu pour être généralement pauvre en recherche musicale, est plus qu’étonnant. Enfin, les voies des labels sont impénétrables (le seul point commun aux deux groupes étant No Sleep Records). On prend donc notre mal en patience.
Enfin, le quintet du Michigan débarque sur scène, sans surprise avec l’intro de Wildlife, "a Departure". Petite forme pour le chanteur, malade, et qui en plus se foule la cheville dès le départ du concert. Apparemment, jouer sur la terre ferme plutôt que sur une péniche à Paris ne lui réussit pas. Enfin s’il a mal, il n’en laisse rien paraître, et le show continue.
Il faut dire aussi que la setlist n’est pas franchement propice à un déchaînement des foules. Le premier album est totalement laissé de côté, sauf pour "New Storms For Older Lovers" et "Sad Prayers For Guilty Bodies". Encore plus étranges sont les omissions concernant l’album Wildlife : pas de "King Park", ni d’"Edit Your Hometown".
Mais qu’on se rassure, ce n’est pas parce que la setlist est un peu décevante que le concert laisse à désirer. On ne peut qu’admirer le talent de composition de La Dispute, le flow de Jordan Dreyer, l’investissement de ce groupe sur scène et dans sa relation avec son public. Ils vont même jusqu’à s’arrêter pour permettre à quelqu’un de retrouver son portable égaré dans le pit. (On apprendra plus tard qu’au moins 4 autres smartphones auront connu le même sort, ce qui remet en perspective la notion d’"égaré". Déplorable.)
D’autant qu’il n’est pas si impressionnant que ça le pit. Juste de quoi sautiller pendant "Harder Harmonies", se précipiter sur le micro tendu sur "The Most Beautiful Bitter Fruit" ou hocher de la tête sur "Edward Benz, 27 Times". Enfin ça, c’est pour le set normal.
Le rappel lui, il envoie quand même un peu plus le pâté niveau tempo et violence. "I See Everything", mais surtout "Said The King To The River" donnent un second souffle au public. Les "Tonight we ride !" sont une très bonne occasion de se défoncer la voix en sing-along, tout le monde semble l’avoir bien compris, et le concert s’achève donc en joyeux bordel, sur un rythme soutenu qui aurait peut-être pu être un peu plus souvent exploité pendant le set. On espère que ce sera pour la prochaine fois...
