Shell Corporation (The)

Shell Corporation (The) >> Force Majeure

Contexte :

On pourrait croire ce groupe sorti de nulle part avec son percutant 1er album millésimé 2011. Mais à bien y regarder, ces gars-là ont du pedigree ronflant à leur actif, quelques lignes au casier monsieur l’agent, et un paquet de bornes au compteur ma bonne dame... On cite A Wilhelm Scream, The Briggs, Time Again, Madcap sur la carte de visite ; ces zicos là ne sont pas venus pour se la raconter ou vous la faire à l’envers. Ils savent comment le punk rock se fabrique, se cisèle, se vit aussi, rockers repartis de zéro qu’ils sont, la passion chevillée au corps, bière tiède au ceinturon, le refrain toujours prêt à dégainer.

Chronique :

Oh bordel que voilà une belle surprise ! Against Me ! moribond (?), The Menzingers transféré chez Epitaph (mouais), Dead To Me new look qui peine à convaincre… j’en passe niveau trique molle, et demie déception de ces derniers mois... Et en plus en 2012 c’est les 10 ans de la mort de Joe Strummer... Bref, tout ça aussi pour vous situer le domaine d’activité de ces quatre californiens.
Un punk rock mélodique mais velu, souvent mid tempo mais à la pêche héritée des grands anciens, les Clash en tête. Le punk rock est une succession de cycles sans fin… et badaboum voilà donc que débarque The Shell Corporation, avec son nom bien punk dans l’esprit (et qui pourrait rapidement s’attirer les foudres de quelque procédurier capitaliste) et son album pas piqué des hannetons.

Alors oui, ça reste un premier album avec à boire et à manger (« False Bill Of Goods », passable). A plus d’un râtelier punk rock, du tiède et du réchauffé mais aussi pas mal de mets gouteux et plein de personnalité. J’en veux pour preuve des morceaux de choix tels que le single qui envoie la bonne vibe « Bread And Circuses » (ouh la la ! cette basse chaloupée !), la pépite mélodieuse « A Scrillion Scrieces », ou « What If ? » qui rappelle comme à bien des moments sur cet album un mix des plus réussis entre les inénarrables Menzingers (y compris les acoustiques « Dust To Dust » et « Broken Hearted Loser ») et les surprenants Dead To Me, au meilleur de leur forme respective.

Pas mal d’audaces vocales aussi, grâce à un chant assuré par une attaque à trois, avec deux choristes volontaires et très présents (« Get Busy Living, Or Get Busy Dying ») derrière le buteur Jan Drees qui fait mouche à tous les coups (mis à part une ou deux faussetés par-ci, par-là). De l’originalité dans les mélodies, les ambiances (les touchantes « It’s Over Now » et « All Of The Best », l’hispanisante « Quantitative Sleazing »), dans l’énergie déployée avec intelligence et pas mal de modulation, de « Fuck ‘Em » qui ouvre le disque à « Ozymandias », autre masterpiece absolue.

Une excellente surprise on le disait, où pas grand-chose n’est à jeter, où presque tout est marquant. 34 minutes de punk rock des familles, bien fait et des plus agréables à l’écoute, avec une mention spéciale au travail sur le chant et à la section rythmique (ces p’tits accords de basse un peu partout !), maître d’œuvre métronomique d’un des meilleurs "debut album" de l’année 2011 dans le genre.

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